AMERE VICTOIRE

Extrait (1)

Un matin d’octobre, elle était arrivée

Comme une dernière aurore parfumée d’été,

Si sage et élégante dans sa jupe marine plissée,

Sa longue natte, encre noire, sur son épaule, posée.

Quand sur l'estrade de bois le professeur la présenta,

Tous les yeux, sur sa frêle silhouette, furent aux abois.

Regards mi-enjôleurs des précoces Don Juan,

Juxtaposés à ceux des filles d’un rictus souriant.

 

Elle était belle la nouvelle !

Fine, racée comme une gazelle.

Son minois par le soleil délicatement ambré

Adoucissait l’ombre de ses yeux de biche apeurée,

Son port de tête digne de celui d’une reine de Saba

Faisait d’elle, de la jalousie, la future proie.

 

En une seconde, timidement, elle nous détailla

Puis, visiblement émotionnée, elle bredouilla :

- Je suis Fouzia !

- Fouzia Benzarha

- J'aurai quinze ans à la fin de l'hiver,

- Je vis dans le village d'à côté avec mon père et mes

cinq frères.

Puis, zigzaguant de mon visage à la place vacante sur le

banc,

Son regard noir accrocha le mien effrontément.

 

Le professeur l'incita à aller s’asseoir où elle le

souhaitait,

C’est avec un grand sourire, qu’elle vint à mes côtés.

Elle m’avait choisie !

Celle qui, au fil des saisons, allait devenir mon amie.

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EM De Rodrigue

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