AMERE VICTOIRE

Extrait (2)

 

Quand un avion, d’un sinueux panache blanc,

Signait le bleu éclatant du firmament,

Nous nous imaginions hirondelles

Pour suivre, en chantant des ritournelles,

Ce bel oiseau de métal qui avalait tant d’horizons,

Et, en croisant les doigts, nous nous promettions,

Ensemble, quand nous serons grandes, de voyager,

D’abandonner ce sol ocré 

Par les lances de RA, pendant les étés, défiguré

Pour, comme des inséparables, autour du monde

Aile contre aile, faire la ronde.

 

Parfois, on parlait de la rose rouge, celle de l’amour :

De ce sentiment qui nous était encore étranger à ce jour

Mais qui, en boutons à peine éclos, nous faisait

fantasmer.

Quand en cachette on feuilletait les illustrés,

Ces romans-photos qu’à ma mère, sans permission,

j’empruntais,

On se demandait, en dévisageant ces Roméo de papier

Si notre prince charmant leur ressemblerait.

De toute façon, absolument il nous fallait,

Pour ne jamais être séparées :

Soit épouser des jumeaux,

Soit être les uniques épouses d’un seigneur au foulard indigo

...............

 

©  EM De Rodrigue

 

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