AMERE VICTOIRE

Extrait  (3)

Sculpture de Marie-Hélène  Vallade-Huet

Comme en pèlerinage, 

L’âme noyée dans ce terrible naufrage,

Sous notre arbre, l’immense faux-poivrier,

Comme avant, chaque jour, je retournais,

Pour dans mon inconscience, retrouver Fouzia,

L’entendre rire comme autrefois.

À la récréation, il ne fallait pas nous déranger

Car je continuais à parler à ma gazelle bien aimée.

J’étais devenue l’ombre d’Elle endeuillée,

Un spectre enragé qui haïssait l’univers entier.

 

Et combien peu m’importait,

Au grand dam de mes professeurs désolés,

Si mes notes dégringolaient à une vitesse vertigineuse.

Je n’étais plus, je ne pouvais plus être la studieuse !

Par obligation, je faisais acte de présence

Mais en cours, mon esprit n’était plus qu’errance ; 

Auprès de mon ange, il s’était enfui,

Voyageait dans sa lointaine galaxie.

 

Petit à petit, je fus mise au banc des accusés.

Je devins de la classe l’autre " pestiférée " :

Celle qu’il ne fallait surtout pas approcher

Au risque de, par cette aliénée, se faire défigurer.

 

Le temps qui se mourrait me consumait,

Dans l’enfer de la neurasthénie m’engloutissait,

Lentement, m’abandonnait aux griffes de Lucifer,

 Exsangue et solitaire !

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© EM De Rodrigue

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Commentaires: 2
  • #1

    Elisa galam (mardi, 10 mai 2016 17:41)

    Ce texte est magnifique malgré la tristesse que l'on y ressent. " Mon esprit n'était plus qu'errance".

  • #2

    EM De Rodrigue (mardi, 10 mai 2016 22:57)

    Merci Elisa !
    Quand le coeur est séparé de son amour ou de son ami(e) il souffre toujours ...