LA NUIT DU LOUP ( opus Et, le diable sourit ...)

 

 

 La nuit est de cristal.

Le loup a mal.

 

Dans son cœur passent des éclairs.

Au loin, sous la pleine lune, hurlent ses compères.

Ils l'appellent pour qu'il se joigne à eux.

Mais le solitaire aspire au silence ; il est malheureux.

 

Alors, désertant l’immense forêt,

Comme un fou, il divague par monts et vallées.

Gémit, en maudit satané, qu'il est.

En exècrant sa funeste destinée,

Court par les sentiers à perdre haleine

Espérant ainsi pouvoir étouffer sa peine.

  

Il pleure. Il sait, que dans un élan de rage,

Ses crocs, à la ronde, feraient un carnage.

Déchiquéteraient l'homme et sa femme.

Ces êtres de violence qui le damnent,

Qui le pourchassent inlassablement,

Le blessent toujours mortellement.

Et ainsi, sans répit, depuis la nuit des temps

À cause d'un chaperon ou de la bête du Gévaudan.

 

 Près de l’Étang du diable, l'aube le surprend

Couché sur un lit de violettes, tristement.

À son chevet, un bel ange de son chant mélodieux

Berce, essaie d'apaiser le malheureux.

 

Le loup s'est endormi.

Dans la grande prairie où le ciel n’est jamais gris,

Dans le paradis où jamais un loup n'est honni,

Le cœur meurtri, il s'en est allé sans bruit.

 

© EM. De Rodrigue

 

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