LE KEPI BLANC

Extrait

Immense émotion pour l'honneur que l'AALEME ' Légionnaire toujours ...." fait à mon premier roman " LE KEPI BLANC " en le mettant sur leur site.

 

Merci à eux pour leur délicate attention :!

 

 http://aaleme.fr/index.php/breves/8064-le-kepi-blanc

La pluie d’octobre tambourinait sur les carreaux. Devant une photographie, une bougie dansait sur le bureau. La rengaine qui pleurait depuis minuit empêchait, avec tout son bruit, l’insomnie de se retirer. Laissait Malory s’embourber dans les méandres de ses souvenirs avec le fantôme de cet amour qui la torturait depuis bien des jours.

— Le képi… grenier… la malle en osier… tu… tu comprendras... avait réussi à balbutier sa mère avant de fermer les yeux à tout jamais.

 

Demain, en suivant son cercueil couvert de fleurs, elle l’accompagnerait en sa dernière demeure. Après, elle irait dans le grenier, comme sa mère le lui avait demandé.

Son coeur en deuil, troublé d’étranges émotions, se balançait entre tristesse et appréhension avec en leitmotiv cette lancinante question : quel lien entre le grenier et le képi ?

Dans l’attente de comprendre ce que la mort lui avait interdit de lui révéler en abrégeant son dernier souffle de vie, Malory déversait son chagrin en longs sanglots comme la pluie qui frappait sur ses carreaux.

 

Avec mélancolie, du grenier des souvenirs enfouis, elle poussa la lourde porte en chêne d’une main incertaine. Avec les odeurs et les objets du passé dans la pénombre, se trouvait une masse sombre : la malle en osier sur laquelle attendait, pour être bercée, une poupée au regard figé. Comme sa solitude lui faisait peine, Malory la déposa sur une commode ancienne afin qu’elle tienne compagnie à l’ourson gris qui y était déjà assis.

Puis devant cette malle qui, probablement devait renfermer un secret, elle hésita un instant....

 

© EM. De Rodrigue

 

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Commentaires: 3
  • #1

    ElfeBrune (samedi, 03 août 2013)

    Un képi blanc plus que prometteur, j'adore les extraits me suis plongée dedans avec délice.
    J'attends la sortie de ce livre pour me l'offrir !
    Merci à l'auteur d'avoir autant de talent.

  • #2

    M De Rodrigue (lundi, 11 novembre 2013 11:48)

    Je remercie le ciel de m'avoir donné une plume afin de m'envoler vers d'autres cieux ! Merci ElfeBrune pour ta fidélité !

  • #3

    Nicolas TISON (mercredi, 26 février 2014 19:55)

    très joli

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CAMERONE

C’était Camerone !

 

 Pour les jeunes képis blancs, c'était jour de liesse. Pour les vétérans, jour de tristesse. Pour la Légion, c'était dans une immense émotion, jour de commémoration. Elle rendait hommage à des hommes un peu fous qui, avec courage, au côté du Capitaine Danjou avaient refusé de mettre genou à terre dans une hacienda de misère dans le petit village de Camarón de Tejeda au Mexique. Par cette tragique décision héroïque, tous acceptèrent de s’immoler pour la patrie ainsi que pour la prestigieuse  Armée sans identité  à laquelle ils appartenaient :

« Legio Patria Nostra ».

 

 

« Camerone !

Où ils furent moins de soixante à résister.

Poignée d'hommes

Qui, vaillamment, lutta contre toute une armée.

Bataillant contre cette masse féroce, qui au petit matin les écrasa.

Mais la vie plutôt que le courage abandonna ces valeureux soldats

En ce jour du 30 avril 1863 »

 

 

Les pionniers portant la barbe, la hache sur l'épaule, le tablier de buffle fauve et les gants blancs à crispins, devancés par leurs sous-officiers ouvraient avec gravité et fierté le défilé. Guidés par les accords de leur hymne « Voilà du boudin! », ces braves sapeurs ressurgis d'un temps ancien, avançaient majestueusement.

Les tambours parés de rouge et de vert qu’éclairaient les sept flammes dorées de la grenade explosée, en grondant comme le tonnerre, imposaient le rythme cadencé. Soubassophones, cymbales, clairons, trompettes, fifres saxophones suivaient le mystérieux, mythique chapeau chinois qui tintinnabulait tandis que ses queues de cheval de gauche à droite oscillaient. Le Famas sur le torse collé, les épaulettes sang se balançant à chacun de leurs mouvements, tels de superbes soldats de plomb animés et impeccablement alignés, les régiments suivaient d’un pas lent et puissant.

Sur leur poitrine bombée, le tableau de leurs médailles sous les rayons du soleil printanier, étincelait. Ces décorations avec le drapeau aux trois couleurs recouvrant leur cercueil pour l’ultime honneur, étaient l’unique récompense de la Nation pour les souffrances, les mutilations endurées par ces guerriers.

 

Le défilé était émouvant avec tous ces fanions de la Légion flottant au vent ! Même les cœurs les plus récalcitrants ne pouvaient rester insensibles ou indifférents devant cette prestigieuse et indivisible armée si bien ordonnée qui, en cas de conflits, se trouvait sempiternellement sollicitée et pour son professionnalisme et sa bravoure engagée. .......

 

© EM. De Rodrigue

 

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Commentaires: 2
  • #1

    ElfeBrune (samedi, 03 août 2013 10:36)

    En plus, l'auteur nous apprend ce qu'est la légion étrangère !
    Merci M. De Rodrigue !

  • #2

    M De Rodrigue (mercredi, 15 octobre 2014 22:14)

    Elfebrune !

    j'écris toujours sur ce qui fait battre mon coeur en joie ou en chagrin!
    Et, la Légion Etrangère est l'un des pétales de mon coeur passion.... depuis mon enfance.
    Alors je ne pouvais que planter mon histoire d'amour dans sa caserne à Aubagne !!
    sourire !

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