IVANHOE

Extrait

Il fut déposé avec amour sur l’onde de la vie.

Avec une voile blanche sans une tache de gris,

"Petit Bateau" voguait sur l’océan bleuté, en riant,

Le pavillon de l’enfance, claquant au vent, chantant.

 

Un funeste soir,

Sur sa route, il croisa un pirate au coeur noir,

Qui avec des armes meurtrières

En râlant, le meurtrit d’atroces manières.

Tel un démon, il prit d’assaut son innocence,

Avec perversité perça sa coque fragile, avec violence,

Par des assauts incessants, le blessa, l’humilia,

Macula ses voiles pures, avec extrême sauvagerie ;

Un pavillon ensanglanté de malheur lui offrit.

 

Dès lors, de honte, le frêle "Petit Bateau" souillé,

Dans le chenal de la vie, de tous, se cachait, désespéré.

À sa mère, la câline Goélette, par crainte, il n’osait avouer,

Que par le cuirasser ami, il s’était fait éperonner.

Et que combien, il redoutait de croiser son agresseur,

Celui qui avec cruauté, lui avait éventré le coeur.

 

 

Alors, parce qu’il pensait qu’il n’avait plus d’avenir,

Pour effacer son silencieux martyr,

Souvent, il essaya de se saborder,

De détacher, une fois pour toute, son amarre du quai

Pour dans les ténébreux abysses, plonger,

Et, dans leurs profondeurs, se noyer.

 

Blessé, démâté par ce pervers, immonde corsaire,

Il n’était devenu qu’errante, malheureuse galère.

Balafré, balloté par remous de son récent passé,

Il était incapable d’accoster les terres ensoleillées,

Les îles enchanteresses où la sérénité l’accueillerait.

Des nuits entières, il s’enivra de fumante écume,

De houles festonnées du danger de l’amertume

Et... peu à peu, il dériva sur l’onde de la folie,

Sombre solitaire, abandonné de tous ses amis.

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© EM  De Rodrigue

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Commentaires: 1
  • #1

    Elisa galam (mardi, 10 mai 2016 17:48)

    Wouahhh...ce texte est un véritable petit bijou. Merci Marine pour cet enchantement.