LE MASQUE QUE VENISE

Extrait de l'opus ( Parfums de femmes"

Elle n’a pas sommeil, ce soir.

Son amant Somnus qui est au désespoir,

De son regard de nuit, la fixe pour la faire cligner des yeux.

Puis, la courtise pour la jeter dans ses draps soyeux.

Pour qu’il la dédaigne, elle se prépare un café corsé,

Et lui annonce qu’avec sa plume, elle passera la soirée.

Il est minuit ! Des rimes s’ébattent dans sa tête.

De-ci, de-là, volettent comme des alouettes.

Sur la page blanche refusant de se poser, elles caracolent.

Puis en la narguant, à tire-d’aile, vers l’Italie s’envolent.

 

Alors, la dame de Venise vient la hanter avec son loup !

Elle l’invite à l’ôter pour voir ce qui s’y cache dessous :

Sourire du bonheur

Ou cicatrice du malheur ?

Pour l’apprivoiser, elle lui tend la main.

Mais, la mystérieuse dame en la toisant avec dédain,

Dans sa robe d’organdi, couleur jais chatoyant,

Tel un cygne noir, glisse doucement,

Ondule sur l’onde du lac marine de sa nuit.

 

Puis, sans mot dire, la frôle de son éventail de pluie

Et repart sans bruit vers la lagune illuminée,

En emportant avec elle l’aube et la plume affolée.

Demain, consentira-t-elle à rester près d’elle ?

Lui dévoilera-t-elle ses traits en tombant son loup de dentelle ?

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© M. De Rodrigue

 

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