SAXO

Extrait de l'opus " Parfums de femmes"

 

 Elle chante sa complainte déchirante.

Livre, sans pudeur, à l’auditoire son âme plaie béante,

Alors que juste derrière elle, dans la douce pénombre,

Sur le rideau rouge, se dessine une gigantesque ombre.

C’est celle de son aimé 

Qui, de langueur, a le dos voûté.

 Son saxo sur sa poitrine collé,

Lance des éclairs dorés,

Qui s’accrochent avec amour sur sa robe pailletée.

 

Le musicien enlace son instrument fiévreusement,

De ses doigts le caresse amoureusement.

S’imaginant pianoter le corps de sa déesse,

Son coeur, se serre puis tambourine d’allégresse

Tandis qu’unissant ses accords à sa voix sanglot

Son corps avec le sien, oscille au rythme du tempo.

 

Pour ces deux êtres s’idolâtrant,

La saison estivale va s’achever tragiquement.

Dehors, de chagrin, la mer s’est déchaînée.

Ses vagues, avec rage, fouettent la jetée.

Albatros, mouettes ont précipitamment, déserté la grève

Emportant avec eux, comme feuilles mortes, les rêves.

C’est le dernier soir !

...........

 

© M. De Rodrigue

 

  

 

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