VENESIA

Extrait de l'opus " Parfums de femmes"

 

 

Quand Venise allumait ses chandeliers,

Parmi les carnavaleux aux costumes bariolés,

Qui riaient, dansaient, chahutaient,

Dans sa somptueuse robe couleur de jais,

La mystérieuse dame de la lagune, aussitôt, apparaissait.

Cette ombre gracieuse se mouvant avec élégance intriguait.

 

À son passage, les rires s’éteignaient subitement

Et… se muaient en chuchotements.

Avec sa traîne caressant voluptueusement les pavés,

Elle fendait la place Saint-Marc et sa foule endiablée.

Imperturbable, majestueuse comme chaque soir,

Le visage prisonnier de son loup noir,

Elle se rendait à son nocturne rendez-vous

Vers le pont, celui de ses amours fous,

Qui comme celui des soupirs

Faisait trembler de passion, de frayeur... puis périr.

 

Elle hantait ce lieu mythique l’âme en peine

Pour tenter de se délier de ses lourdes chaînes.

Là, immobile, de longues heures elle restait

Telle une énigmatique madone de marbre au sol, fixée.

Accoudée sur le froid parapet de pierre,

Elle penchait lentement sa tête en arrière.

Puis, lançait son regard sur la toile scintillante

Sans doute, à la recherche de son étoile filante.

Puis en chancelant, son corps contre le muret se plaquait.

 Et, instinctivement, ses longs doigts gantés s’y agrippaient,

Pour retarder la chute dans l’abysse de la délivrance,

Dont l’eau noirâtre du canal l’invitait avec insistance.

Quand montait vers elle le chant d’un gondolier,

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© M. De Rodrigue

 

 

 

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