Bernadette Stalder

LE MANOIR JOSEPHINE

 

Bien joli nom pour ce manoir qui deviendra pour toute une famille synonyme de désespoir !

Dès le seuil franchi, après avoir fait le tour du propriétaire et partagé la joie et l’espoir d’une nouvelle et belle vie avec les nouveaux locataires, on ressent un certain malaise. Une ombre sournoise et funeste semble planer. Et, lasse d’attendre, un soir, elle se manifeste.

Alors, le manoir soupire, le manoir gronde, le manoir veut parler, le manoir veut se libérer d’un terrible secret !

Des lors, c’est une avalanche de murmures, de bruits sourds qui résonnent, qui angoissent et de bien d’autres évènements encore qui défient la raison.

Quel mystère renferme cette si belle demeure où pourrait fleurir comme dans son magnifique parc, le bonheur ?

Que s’y est-il passé de si horrible, de si dramatique pour que ses murs en gardent la mémoire ? Pour qu’ils se lamentent ainsi et transpirent de tant de souffrances ?

 

Y a-t-il un fantôme qui erre dans ce lieu ?

 S’il y a fantôme, qui est-il ? Que veut-il ? Quel message désire t’il délivrer aux vivants ?

L’angoisse nous étreint et va en crescendo.

 

Nous voudrions fuir, refermer derrière nous la porte de ce manoir au nom si joli.

Mais, trop tard !

Il est trop tard car piégés par le récit et emprisonnés dans cette demeure, nous ne pouvons-nous en échapper.

Alors, nous continuons à lire et à déambuler au gré des évènements, les yeux écarquillés.

Il ne reste plus qu’à attendre !

Attendre que le manoir veuille bien nous rendre notre liberté ainsi qu'à ses habitants... et leur rendre leur sérénité.

 

Mais pour cela, il faudra en payer le prix !

Et combien la rançon à acquitter sera exorbitante… démente pour la famille qui s’y est logée.

 

C’est d’une plume délicate et précise avec quelques brins de poésie au passage, que Bernadette Stalder, sans tomber dans certains clichés fantasmagoriques, nous embarque, avec finesse, dans cette histoire à rebondissements avec en filigrane une enquête policière.

Avec dextérité et générosité, l’auteure nous offre toute une palette de sentiments (amour, amitié, joie, tristesse, terreur, courage, faiblesse, témérité, etc…)

Alors, avec Colette son héroïne, nous aimons, nous sourions, nous rions, nous pleurons, nous grelottons de peur, nous avançons témérairement dans des dédales obscurs et inquiétants. Pris de panique nous reculons devant les manifestations macabres. Et… avec elle, nous repartons à l’assaut pour percer le mystère.

Comme Colette ou tel l’inspecteur Colombo, nous nous posons des questions, nous réfléchissons, nous extrapolons, nous cherchons et encore et encore nous fouinons. Nous nous attardons sur le moindre indice en espérant fermement qu’il pourra nous fournir la clef de la solution : ce fameux sésame qui mettra à la lumière la vérité tout en éteignant tous les « Pourquoi », les « Comment » de ces « choses-là » qui font de sa nouvelle vie et de celle de sa famille un cauchemar éveillé.

Et les pistes s’embrouillent et nous revoilà au point de départ… bredouilles.

Puis, juste avant que le mot « Fin » n’apparaisse, enfin, c’est le feu d’artifice !

La vérité, la dure et cruelle vérité enfouie dans les murs de ce si beau et si étranger manoir Joséphine explose en nous laissant bouche bée!

Par la chute de ce récit, nous restons ébahis tout comme le lecteur(trice) le fut lors de la lecture de l’un des romans de Bernadette Stalder « Choc profond ».

C’est la signature de l’auteure ce coup de grâce ou de canon qui nous laisse toujours pantois… d’admiration !

 

Puis, à bout de souffle et époustouflés, nous refermons le livre.

C’est alors qu’une pensée lancinante hante notre esprit : « Et si… Et si, cette histoire n’était pas roman fantastique mais … pure réalité ?

Alors, on se met à cogiter…et à écouter les moindres bruits de notre maison.

J’ai beaucoup aimé ce roman !

 

M. De Rodrigue

 

Écrire commentaire

Commentaires: 2
  • #1

    Bernadette Stalder (vendredi, 17 mai 2013 11:31)

    Un grand merci ma chère M. de Rodrigue pour cette critique élogieuse qui, en entendu, me fait très plaisir.
    Avec toute mon amitié,
    Bernadette

  • #2

    M De Rodrigue (lundi, 11 novembre 2013 22:09)

    Ce fut un réel plaisir de découvrir ce Manoir Joséphine !

Bernadette Stalder