LA LETTRE BLEUE (de l'opus Poussières de dune)

Dessin de la talentueuse artiste MARYSE PETITIOT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La lettre bleue

 

La trompette emplit de sons émouvants mes tympans. Stoppe net mes mains qui pianotent le clavier en cliquetis bruyants.

Les lèvres du musicien par l'embouchure, boursouflées sont sur le point d'éclater. Ses doigts enfoncent les pistons cuivrés nerveusement tandis que ses joues plagient la rondeur d'un petit ballon palpitant.

Maintenant, les arpèges du tempo ne sont plus bleus mais noirs ; les notes hurlent de souffrance et de désespoir.

Et le trompettiste souffle son âme dans l'instrument. Et, sur son visage, la sueur s'égoutte d'abord en perles de rosée, délicatement. Puis, ruisselle en larges sillons sur ses traits par la douleur, crispés.

Dès lors, les blanches, les noires après quelques soupirs deviennent cris, sanglots. Font frissonner ma peau de leurs déchirants échos. Comme le trompettiste, je ferme les yeux.

 Alors, viennent s'imprimer sur mes iris le martyr de ses aïeux….. 

 

©  M. De Rodrigue

 

  

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Commentaires: 6
  • #1

    ElfeBrune (samedi, 11 mai 2013 10:35)

    Ce passage est terriblement émouvant et merveilleux aussi. J'en ai les larmes aux yeux...

  • #2

    TISON Nicolas (mercredi, 26 février 2014 19:38)

    Magnifiques mots posés musicalement sur les pétales, telle la rosée

  • #3

    M. De Rodrigue (mercredi, 10 septembre 2014 16:19)

    Merci pour ce passage dans mon univers ; à bientôt de vous lire !

  • #4

    Elisa galam (mercredi, 13 avril 2016 20:01)

    Magnifique texte où les mots chantent avec beaucoup d'émotion.

  • #5

    EM De Rodrigue (mardi, 19 avril 2016 15:01)

    Je suis émue que vous soyez sensible aux notes de musique de ce texte ! Merci de votre passage !

  • #6

    Jacques Y. (mardi, 27 février 2018 17:23)

    On s'y croirait ! Magnifique poème qui nous porte en Louisiane .

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DES MAINS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En hommage aux aïeux dont le sang fleurit de coquelicots les prés.

Des mains saluent le drapeau de la Liberté.

 

Des mains Lucifer

Rougissent encore de pourpre la terre.

 

Des mains dans le soir

Se tordent de désespoir.

 

Des mains sur le visage

Retiennent des larmes, le sillage

 

 Des mains élancées vers les cieux

Invoquent avec ferveur, l’aide de Dieu.

 

Des mains, l’une à l’autre, liées

Dansent sous un ciel étoilé .

 

Des mains douces et câlines

Caressent le grain de peau d’une féline.

 

Des mains innocentes

Pressent le sein de la mère, confiantes.

 

Des mains de garçonnets

Jouent au ballon prisonnier.

 

Des mains de petites filles

Plagient les grandes et se maquillent.

 

Et au loin, au creux des marais,

Dans les arabesques d’un crépuscule orangé,

Devant les flammes d’un feu de camp,

Des mains pincent les cordes d’une guitare, nostalgiquement.

Et la complainte du Gitan,

Brûle d’amour le cœur de la fille du vent.

 

© M.De Rodrigue

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Commentaires: 6
  • #1

    ElfeBrune (samedi, 11 mai 2013 10:37)

    Avec quelle facilité tu décris le camp des gitans, délicatesse et flamme !

  • #2

    TISON Nicolas (mercredi, 26 février 2014)

    Merci pour ce partage

  • #3

    M. De Rodrigue (mercredi, 10 septembre 2014 16:20)

    Merci Nicolas TISON, tout le plaisir fut pour moi !

  • #4

    Elisa galam (mercredi, 13 avril 2016 20:02)

    Que c'est beau! Merci pour ces jolis mots.

  • #5

    EM De Rodrigue (mardi, 19 avril 2016 14:59)

    Merci infiniment Elisa Galam pour ce joli compliment qui m'émeut bien plus que je ne saurais le dire !

  • #6

    Jacques Y. (mardi, 20 mars 2018 10:56)

    Très beau !
    Un lecteur qui aime votre ... votre plume.
    Jacques