LA JOIE, MA JOIE  !

Après avoir bousculé ma plume qui se prélassait dans le confinement, encore hier

 C’est modestement, que  je vous présente mon inventaire à la Prévert.

 

Alors, je vous confie, avec émoi,

 Que pour moi,

 « La joie est le sourire du bonheur ! » :

 Précieux instants qui font battre très fort mon cœur

 

Quand

 À l’aube, les oiseaux me réveillent en chantant.

 Dans le crépuscule teinté de parme ou d’orangé,

 Les hirondelles batifolent avec les martinets.

 La nuit bleue marine allume ses chandeliers,

 Pour inciter la belle effraie à déserter le grenier.

 

Au printemps, ma gracieuse et jolie amie ailée

 Après une longue absence, me revient d’un pays étranger.

 Les juments à la robe de lait, épiées par un héron cendré,

 Donnent naissance à leurs poulains dans les prés.

 

En été, lorsque les cigales chantent dans les lauriers roses

 Pour annoncer l’arrivée des fleurs et de leur reine, la rose.

 Et, que la saladelle, la fleur porte-bonheur des Gardians,

 Fleurit, près des taureaux aux cornes de lupin, dans les champs.

 

En automne, les arbres se dorent pour imiter les roseaux rouillés

 Et que la pluie abreuve la terre pour cicatriser les blessures d’un ardent été

 Alors que les vignes, en ployant sous le poids de belles grappes de raisin,

 Attendent, impatiemment, leur réincarnation en délicieux nectars divins.

 

En hiver, la nature plonge dans un long sommeil bienveillant

 Pour, telle La belle au bois dormant, s’éveiller sous le baiser du printemps...

 Alors que les petites mésanges au plumage ébouriffé envahissent mon jardinet

 Pour, dans les mangeoires, quelques graines offertes, picorer.

 

Les pêcheurs ramènent au port leur chaluts, sur la mer déchaînée,

Escortés par un cortège blanc et criard de rieuses affamées.

  Quand j'admire la beauté de la faune, de la flore éternelle dans ce monde

 Même si, malheureusement, certains Hommes sont de plus en plus immondes,

 

Et puis…

 Ce qui me remplit de joie, aussi ?

 Le rire d’un enfant dans les bras de sa maman,

 Les histoires d’antan racontées par les grands parents,

 Noël et le repas familial, comme le sapin, enguirlandés d’amour, friandises et rires,

 La discussion, à bâtons rompus avec un ami tard dans la nuit, émaillée de fous rires,

 Le sourire gratuit que m’adresse un inconnu dans la rue,

 L’amour, l’amour qui enflamme mon cœur romantique de soupirs

 Mais chut ! Etant pudique, cela restera dans le domaine privé. Sourires !

 

Et puis,

             Et puis …

 

Une chanson, une symphonie classique, un opéra

 Telle « La Traviata » qui met toujours mes larmes en émoi.

 Un livre aimé qui, restera longtemps, sur la table de chevet,

 L’œuvre d’un peintre, d’un sculpteur, d’un compositeur qui me fait vibrer

 Parce qu’avec elle, vers un autre horizon fantastique ou poétique, je m’envolerai.

 

Pour finir cette liste non exhaustive, ce qui me met en joie chaque matin ?

 C’est d’ouvrir les yeux au premier rayon de Ré, en remerciant mon destin,

 D’avoir la bonté de m’allouer, encore et encore, quelques instants de vie

 Pour, dans une explosion de joie de vivre, aimer, rire ou pleurer… sans préavis,

 Même si parfois, le sourire du bonheur est terni par quelques nuages gris !

 Mais ... tels sont les aléas de la vie … !

 

© M. De Rodrigue