THIERRY et les autres ...

Photographie de Marcel Fortin

  

Son prénom est Thierry !

Il pourrait être aussi, Johnny, Medhi, ou Sachinari.

Il est jeune, au printemps de sa vie,

Mais déjà, dans son noble cœur,

Flambe la flamme de la valeur ;

Celle qui, à certain, fait si peur.

 

C'est un pompier !

Un de ces hommes à la vie privée volée.

Il ne peut rester tranquille dans son foyer,

Auprès de sa maman,

De son épouse ou de ses enfants

Pour leur raconter des histoires en les cajolant

Car quand résonne, le jour ou la nuit, la stridente sirène,

Il faut tout abandonner pour secourir la peine.

 

On ne sait rien de lui !

On ne connait que son costume bleu nuit,

Son lourd casque étincelant

Qui protège ses yeux des feux dévorants.

Quand dans son camion rouge passion,

Il traverse les villes, villages, à l'allure d'un démon

Pense-t-on à lui ?

Pense-t-on à ses compagnons 

Qui donnent leur temps sans aucune compensation ?

 

Quand, malgré lui, il tremble devant les feux de l'enfer,

Pour sauver quelques âmes dans une petite chaumière,

Pense-t-on à lui ?

 

Pense-t-on à Thierry, à Johnny, à Mehdi ou à Sachinari,

A ses frères de feu et de sang des lointains pays

Qui, comme lui, offrent leur corps en martyr à la terre entière,

Parce que leur générosité et leur humanité

Sont l'essence même de leur âme altière ?

 

Quand les orages font déborder rivières et ruisseaux,

Semant désolation, horreur dans les hameaux,

Quand l'eau assassine, engloutit les contrées,

Fait périr hommes et animaux dans la même boue, mêlés

Quand les maisonnées, les bâtiments deviennent torchères,

Quand la route devient meurtrière,

Quand un chaton comme un oiseau, sur un arbre, s’est perché,

Alors, désespéré, on s’empresse de faire sonner le 18

Car on sait que cet appel ne restera pas sans suite.

C’est ainsi !

Dans tous les accidents de la vie, on pense à Thierry

Parce qu’on a besoin de lui et de ses amis !

 

Mais … quand nos jours sont heureux,

Pense-t-on à lui, à eux,

A ces chevaliers valeureux ?

A ces pompiers au cœur pur comme un diamant

Qui, pour un temps ou pour longtemps,

Laissent leur famille, l'esprit ravagé de tant de tourments ?

 

Quand après avoir extirpé des mains incendiaires de Lucifer

Un enfant, un vieillard, un homme, une mère,

Que par malheur, il tombera à genou dans la fournaise,

Le cœur d'amour aussi rouge que la braise

Pense-t-on à lui ?

Qui par dévouement, fraternité, s'est sacrifié sans bruit ?

Certainement ! Mais … en l’incluant dans la tragédie.

 

Quand vêtus de noir, devant sa dépouille mortelle,

Son épouse, ses orphelins, sa famille, ses compagnons pleureront le fidèle.

Quand, à titre posthume, dans un silence déchiré par les pleurs

Sur son cercueil on épinglera la médaille de l'honneur,

Alors là, oui ! Tristement, on pensera à eux, à lui,

A ceux qui ont souvent le visage par la fumée, bruni.

Et l’on tremblera d'émotion pour ces guerriers valeureux

Et on aura une larme amère et reconnaissante pour ces soldats du feu.

Mais il est trop tard ! Il est parti dans la sublime galaxie

Rejoindre de ses ailes brûlées, les autres anges du paradis.

 Et, avec le temps ingrat, certains le jetteront dans les abîmes de l'oubli.

Et... combien d'autres pompiers blessés, handicapés, avec lui.

 

Alors, quand vous verrez passer les pompiers,

Juste pour leur abnégation, leur futurs sacrifices, remercier

Prosternez-vous une seconde ou adressez-leur un petit signe amical de la main.

Et afin de les protéger du malheur, ayez une pensée ou priez pour eux le Divin !

 

C'est le prix dérisoire qu'ils demandent en secret pour, peut-être...

Mourir pour nous, demain !

 

© M. De Rodrigue

 

 

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